N i ñ o s C a p i t a l e s
CARLOS ARAYA CARLANGA
EL PINTOR PROFANADOR
Carlos Araya " Carlanga " est un peintre politique, que l'on pourrait qualifier de peintre profanateur ou profanatoire, plutôt que de peintre profane ! Il n'a pas la naïveté de s'en prendre aux avatars religieux, qui ne sont plus qu'une marchandise idéologique frelatée parmi d'autres, il semblerait, qu'il interroge la réification dans son processus visuel: la transformation de l'influx vital en chose, par l'intermédiaire d'images, qui ne passent pas par l'intelligence critique, mais nous transforment en voyeur impuissant sous l'hypnose de la représentation.
Carlos Araya " Carlanga " dénonce cette suggestion de consommation, qui a pris la place de l'aliénation religieuse.
Tout dernièrement, a partir d'un même cliché utilisé comme une matrice, il a entrepris une série de contretypes, de visages sur des fonds de marques répétées. Il traite les signes de marques de la même manière profanatrice que les images qu'il met en perspective, sinon en abîme. L'image de presse n'est pas à proprement parler la matière qu'il revaloriserait par sa facture picturale, mais matière a réflexion.
En effet, il y a une constante dans l'oeuvre de Carlos Araya " Carlanga ", il ne croit pas a ce qu'on nous montre! C'est un incroyant de la religion de l'image. Il interroge les icônes du monde moderne en les déclinant. C'est pour cela qu'il travaille sur les séries.
Il ne cherche pas a fasciner, et pour cela il a opté pour une façon austère, non-decorative, et ses déformations corporelles sont la, plus pour nous faire douter que pour créer un choc, un impact sur notre système nerveux central à l'instar d'un Bacon. Il pourrait faire penser à El Greco, si son travail n'allait pas à l'encontre d'une recherche fusionnelle, Carlos n'en doutons point cherche une mise à distance de l'image qu'il produit. Dans ce sens, son travail pourrait s'apparenter à celui d'un Andy Warhol, mais Carlos Araya " Carlanga " n'a pas cette obsession de la mort, c'est un peintre politique qui, croit, sans doute avec sa " naïveté Chilienne ", en l'homme.
Gerald Stehr,Paris2000.
